Le milan royal en 4 questions

9 novembre 2017 News

La saison 2017/18 du nourrissage du milan royal a débuté le 3 octobre dernier sur le site de Borde-Matin. L’occasion de découvrir les spécificités de ce majestueux rapace et de comprendre pourquoi la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et SUEZ s’associent pour le protéger.

Le partenariat entre la LPO et le site de Borde-Matin a démarré en 1999 avec la création de la première placette d’alimentation française pour cette espèce. Construite sur le site rouchon, celle-ci permet aux membres de la LPO de nourrir les rapaces pendant la période hivernale et ainsi limiter les risques d’empoisonnement.
Ainsi, d’octobre à mars, ces bénévoles se rendent sur l’ISDND pour y apporter des carcasses fournies par des bouchers locaux.
Bien qu’il se nourrisse essentiellement de micromammifères (taupes, campagnols), d’invertébrés (vers de terres, bousiers, grillons, chenilles, etc.) et de jeunes corvidés, le milan royal est aussi charognard et apprécie de trouver sa nourriture sans avoir à la chasser, surtout en hiver.

nourrissage milan royal à borde matin

Les bénévoles de la LPO sur la placette d’alimentation © P.Billard

Pourquoi avoir choisi le site de Borde Matin ?
 
Le milan royal a une distribution presque exclusivement européenne : 98% de la population mondiale se répartissent entre l’Allemagne, l’Espagne et la France. Sur le territoire national, on distingue 3 noyaux de populations : Sud-ouest, Massif Central et Nord-est.
Dans les années 80, un dortoir a été identifié dans les bois bordant l’installation de stockage de déchets. A ce jour, Il s’agit toujours d’un des seuls dortoirs rhônalpins (il en existe seulement un autre en Ardèche) privilégié par le milan royal, car il comporte les caractéristiques idéales pour y séjourner.

En effet, le milan royal vit dans les zones de plaine et de moyenne montagne où persistent de grandes surfaces en herbe et un habitat rural traditionnel. Il niche dans les arbres des haies et des bosquets ou en lisière de forêt, presque toujours à flanc de coteau.
C’est un oiseau de proie opportuniste. S’il chasse de petits mammifères et vers de terre à la belle saison, il se fait charognard en hiver, c’est pourquoi il se concentre autour de ressources de nourriture importantes (ISDND, placettes d’alimentation, secteurs riches en campagnols).
Grégaire en hiver, le milan royal passe sa nuit en dortoir. Les populations se regroupent à la tombée de la nuit, permettant alors aux bénévoles de la LPO de procéder au comptage hebdomadaire.

Dortoir milan royal

Dortoir de milans royaux © A.Mercieca 

Quelles menaces pèsent sur l’espèce ?
 
Malgré l’obtention d’une protection intégrale en 1976, la population de milan royal a connu, au milieu des années 90, une régression spectaculaire à l’échelle européenne.

Actes de braconnage, utilisation illégale ou irréfléchie de poisons ou encore percutions sur le réseau électrique aérien ont été identifiés comme des causes récurrentes de mortalité.
La diminution des surfaces en herbe, les modes de culture plus intensifs associés aux traitements chimiques (dégradant son habitat et réduisant le nombre de proies disponibles), les collisions avec les voitures, l’empoisonnement accidentel et volontaire sont également mis en cause.
Lors du premier comptage hivernal sur le site rouchon, en 1999, moins de 10 spécimens en moyenne étaient recensés.
Aujourd’hui, les effectifs ont considérablement augmenté et se sont stabilisés depuis 5 ans. Les comptages de la saison 2016/17 font état d’une moyenne de 33 spécimens avec un pic à 84. Mais le milan royal reste une espèce fragile, qui nécessite toujours une attention particulière.

Bilan de la saison de suivi du dortoir de Milan royal 2016-2017

Comment le site de Borde-Matin participe-t-il à la sauvegarde du milan royal ?
 
La création de la placette d’alimentation a représenté une action forte pour la sauvegarde du milan, mais d’autres actions concrètes ont été menées sur le site.

Depuis 2014, la dératisation des locaux sur la période hivernale se fait par un système de piégeage et non plus par empoisonnement. Ainsi, entre septembre et mars, les populations de milans présentes sur le site ne risquent pas d’être intoxiquées par un rongeur empoisonné.
En 2016, un observatoire a été installé sur le site pour permettre aux bénévoles de la LPO d’étudier discrètement les rapaces, sans les effrayer.

Dans les prochains mois, la plateforme d’alimentation sera rehaussée, permettant ainsi aux milans d’avoir un accès plus facile à la nourriture et d’être moins en concurrence avec les autres espèces.
Le prochain comptage européen aura lieu le samedi 6 janvier 2018. A cette occasion, le site de Borde-Matin accueillera à nouveau les bénévoles et non-initiés souhaitant se joindre à eux. Avis aux amateurs !

Observation du Milan royal par les bénévoles de la LPO © MH.Chillet et P.Billard

Et vous, comment pouvez-vous l’aider ?

Parce que la sauvegarde du milan royal nécessite toutes les attentions, vous pouvez vous aussi vous impliquer à travers quelques gestes tels que :

  • Conserver les prairies naturelles,
  • Limiter autant que possible l’usage des pesticides,
  • Préférer le piégeage et la lutte préventive à l’emploi d’anticoagulants,
  • Ne pas couper pas les haies,
  • Privilégier les fauches tardives,
  • Ne pas tirer sur les rapaces (ils sont tous protégés),
  • Sensibiliser vos proches, vos voisins…
  • Contacter la LPO Loire pour signaler toute observation de milan, toute découverte d’oiseau blessé ou mort.

Vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur http://milan-royal.lpo.fr